dimanche 10 février 2008

Faire du X ? "Je me suis dit qu'il fallait relever le défi".

Estelle Desanges, ancienne actrice porno ayant remporté deux Hots d'or, est la marraine du salon de l'érotisme de Rennes qui se tient actuellement au Parc Expo. Nous sommes allés à sa rencontre pour connaître les dessous de ce milieu. A 31 ans et une quinzaine de films à son compteur, elle répond sans tabou.

Estelle, comment arrive-t-on dans le milieu du X ?

A la base, j'étais dans le commerce la semaine et le week-end, j'étais gogo danseuse en boîte. Sur les conseils d'une copine, j'ai été sur un salon de l'érotisme à Paris pour trouver de la lingerie... Là bas, on m'a proposé de tourner. Sans trop réfléchir, je me suis dit qu'il fallait relever le défi. Finalement, j'ai enchaîné sur une quinzaine de films.

Quinze films, dans ce milieu, ce n'est pas beaucoup... Qu'est-ce qui a fait la différence ? Pourquoi, toi, tu es devenue une star du X ?

Il y a un côté assez hypocrite... Je dis hypocrite parce que je ne suis pas une actrice qui a fait les scènes les plus hards. J'ai plus fait dans "l'érotique". J'ai toujours choisi mes tournages, mes partenaires... En fait, j'ai plus ou moins été choisie pour être sur le devant de la scène. Je n'ai pas la recette du succès parce qu'au final ce n'est pas toi qui décide. C'est le public, les producteurs... Mais de ne pas avoir trop tourné, travailler mon image en ne faisant pas de trucs trop hard, passer sur M6, être médiatisée en remportant deux Hots d'or... ça aide.

Est-ce que c'est un métier que l'on aime ?

J'apprécie la liberté que me procure le boulot. Je fais ce que j'ai envie, je me lève quand je le souhaite, je m'habille comme je veux... Et puis, entre nous, c'est vraiment une petite famille. Le souci, c'est surtout d'assumer ce qu'on fait et ça, c'est le plus dur.

Franchement, le matin quand tu te lèves et que tu te dis que tu pars pour des heures et des heures de sexe, ça t'enchante ? Ce n'est pas trop mécanique tout cela ?

Si en 2002, j'ai arrêté, c'est que quelque part, je trouvais que c'était toujours la même chose. Je n'avais pas envie de foutre en l'air ma libido... Donc oui, il y a une part de mécanisme là-dedans.

Tu parlais d'arriver à assumer ce que tu fais. Comment vit-on le regard des gens quand on est actrice porno?

Dans le milieu, on n'a pas de souci. On se connaît tous dans l'intimité. Nous nous sommes tous vus nus... Le plus dur, c'est avec les gens que tu as connu avant de faire du X. Avec les amis, la famille... ce n'est pas facile. Mais j'arrive à avoir une vie privée à côté de mon boulot. Par exemple, ça fait six ans que je suis avec quelqu'un qui ne bosse pas dans le X. Certes, il a le même rythme de vie, il est DJ.

Justement, pas trop dur pour un homme de te séduire ?

(Rires). Si un homme me regarde comme une actrice de porno, ça risque d'être dur. Il faut de la tendresse, être câlin, du romantisme. Tu n'as pas envie que le week-end te rappelle le bureau de la semaine ! Tout sauf ça !

Et aujourd'hui, qu'est-ce que tu deviens ?

Je travaille pour une boîte de production qui compte 31 employés. On fait des films pour Canal +, kiosque, Canal sat'... On gère aussi des sites internet. Plus particulièrement, je m'occupe de chouchouter nos actrices. Qui mieux que moi peut les comprendre ?


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